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Clémentine Célarié, Lucien Jean-Baptiste et Richard Sammel : trois destins, une même liberté, un cinéma sans frontières

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À la une de la 8e édition de L’Afrique Fait Son Cinéma, trois personnalités d’exception incarnent une certaine idée du septième art : celle d’un cinéma capable de traverser les frontières, de bousculer les préjugés et de rapprocher les êtres. Clémentine Célarié et Lucien Jean-Baptiste en sont la marraine et le parrain ; Richard Sammel préside le jury. Derrière cette rencontre se cache une histoire de racines, d’engagements et de correspondances artistiques bien plus profonde qu’une simple réunion de célébrités.

Paris, octobre 2026.

Dakar. Fort-de-France. Heidelberg.

Trois villes, trois géographies, trois histoires. Rien ne prédestinait particulièrement Clémentine Célarié, Lucien Jean-Baptiste et Richard Sammel à devenir les trois grandes figures d’une même édition de festival. Et pourtant, à y regarder de plus près, leurs parcours se croisent et se répondent avec une étonnante cohérence.

L’une porte l’Afrique dans ses souvenirs d’enfance et dans sa sensibilité artistique. Le deuxième a fait de son héritage caribéen et de la représentation des différences une matière de cinéma populaire. Le troisième, comédien européen au parcours international, a traversé les langues, les cultures et les univers cinématographiques, jusqu’à participer à des œuvres qui interrogent directement la place accordée à la diversité.

Leur rencontre sous les couleurs de L’Afrique Fait Son Cinéma raconte finalement quelque chose de plus vaste : la possibilité d’un cinéma où les identités ne sont ni des frontières ni des enfermements, mais des sources de création.

Clémentine Célarié, l’Afrique comme première lumière

Pour Clémentine Célarié, l’Afrique n’est pas une destination découverte au fil d’une carrière. C’est le territoire de ses premières années.

Née à Dakar, au Sénégal, elle passe une grande partie de son enfance au Cameroun, dans l’ancien Zaïre, aujourd’hui République démocratique du Congo, et au Gabon, suivant les affectations professionnelles de son père, journaliste.

Ces années africaines précèdent son installation en France et son apprentissage artistique. Elles nourrissent une relation intime au continent, qu’elle a elle-même évoquée avec émotion.

Dans un entretien accordé au Soir Mag en novembre 2018, elle expliquait combien l’Afrique avait façonné son énergie, sa sincérité et son rapport à la création. Une phrase résume particulièrement cette sensibilité : « L’Afrique agit sur la lumière. »

Il y a quelque chose de cette lumière dans son jeu : une intensité qui refuse la tiédeur, une façon d’habiter les personnages sans dissimuler leurs contradictions.

De 37°2 le matin aux grandes scènes de théâtre, Clémentine Célarié a bâti une carrière singulière, refusant de se laisser enfermer dans un registre unique. Comédienne, chanteuse, autrice et metteuse en scène, elle appartient à cette famille d’artistes pour lesquels la liberté artistique demeure essentielle.

Son interprétation dans Les Randonneuses, série diffusée sur TF1 en 2023, lui vaut le prix de la meilleure actrice au festival Séries Mania. En 2025, elle reçoit également le prix d’interprétation féminine au Festival de la Fiction de La Rochelle pour Le Diplôme. En septembre 2026, elle franchit une nouvelle étape en présidant elle-même le jury de ce prestigieux rendez-vous.

À L’Afrique Fait Son Cinéma, sa présence comme marraine prend donc une dimension particulière. Elle accompagne un festival consacré aux créateurs africains et caribéens tout en renouant symboliquement avec une part fondatrice de sa propre histoire.

Lucien Jean-Baptiste, l’art de raconter les différences sans les enfermer

Si Clémentine Célarié a grandi en Afrique, Lucien Jean-Baptiste a commencé sa vie de l’autre côté de l’Atlantique.

Né à Fort-de-France, en Martinique, il grandit ensuite à Bonneuil-sur-Marne, en région parisienne. Cette trajectoire entre les Antilles et la France métropolitaine traverse une grande partie de son travail.

Acteur, réalisateur et scénariste, il possède un talent rare : celui de rendre accessibles au plus grand nombre des questions de société parfois complexes, sans renoncer à l’humour, à la tendresse ou à l’émotion.

Son premier long métrage, La Première Étoile, sorti en 2009, raconte les vacances à la neige d’une famille antillaise. Derrière la comédie familiale se dessinent les questions de classe sociale, de représentation et d’appartenance. Le film dépasse 1,6 million d’entrées en France et révèle un réalisateur capable de toucher un public bien au-delà de sa communauté d’origine.

Avec Il a déjà tes yeux, sorti en 2017, il renverse une nouvelle fois les habitudes du regard. Le film suit un couple noir qui adopte un enfant blanc. En inversant une situation familière à l’imaginaire collectif, Lucien Jean-Baptiste invite le spectateur à interroger ses préjugés sans jamais sacrifier l’humanité de ses personnages.

Ce cinéma-là ne nie pas les différences. Il leur donne une place dans des histoires universelles.

En 2025, son retour au premier plan avec la série policière Joseph confirme sa capacité à évoluer d’un univers à l’autre.

Déjà parrain de la septième édition de L’Afrique Fait Son Cinéma en décembre 2025, Lucien Jean-Baptiste renouvelle son engagement en 2026. Cette fidélité est importante : elle inscrit sa présence dans une relation suivie avec le festival, au-delà d’une simple apparition de prestige.

Clémentine Célarié et Lucien Jean-Baptiste : une rencontre à l’écran

Le lien entre les deux parrains ne se limite pas à leur sensibilité envers les questions de diversité, d’identité ou de transmission.

Ils ont véritablement partagé l’écran.

En 2023, tous deux participent à Les Randonneuses, la série de TF1 réalisée par Frédéric Berthe. Clémentine Célarié y interprète Noémie, l’une des six femmes qui entreprennent l’ascension d’un sommet alpin, tandis que Lucien Jean-Baptiste incarne Tom.

Dans l’un des épisodes, Noémie et Tom se retrouvent au fond d’une crevasse, entraînant une mobilisation pour les secourir.

La scène donne à leurs deux personnages une épreuve commune et symbolise, à sa manière, l’un des grands thèmes de la série : l’être humain ne traverse pas les difficultés uniquement par sa force individuelle, mais aussi par le soutien qu’il reçoit et celui qu’il apporte.

Il serait excessif d’en déduire une proximité personnelle que les éléments publics ne permettent pas d’établir. Mais cette collaboration artistique est bien réelle.

Elle offre aujourd’hui à leur double parrainage une profondeur supplémentaire : avant de représenter ensemble un festival, ils avaient déjà participé à une œuvre où la solidarité, le courage et la reconstruction occupaient une place centrale.

Richard Sammel, la force d’un regard international

Richard Sammel apporte à ce trio une troisième dimension.

Né à Heidelberg, en Allemagne, le comédien s’est construit une carrière qui traverse les productions françaises, européennes et américaines.

On le retrouve dans Un village français, Inglourious Basterds de Quentin Tarantino, Casino Royale ou encore la série américaine The Strain.

Sa maîtrise de plusieurs langues — allemand, français, anglais, italien et espagnol — illustre une trajectoire artistique qui ne se limite pas à un seul territoire.

Mais son parcours offre également un rapprochement particulièrement intéressant avec la question de la représentation.

En 2023, Richard Sammel figure au casting de Neneh Superstar, réalisé par Ramzi Ben Sliman. Il y incarne Victor Max.

Le film suit Neneh, une jeune fille noire passionnée de danse classique, qui tente de trouver sa place au sein de l’école de ballet de l’Opéra de Paris. Il interroge les traditions institutionnelles, les préjugés et la difficulté d’être reconnu lorsque l’on ne correspond pas aux représentations habituelles du milieu auquel on aspire.

Cette histoire résonne avec plusieurs thèmes présents dans le cinéma de Lucien Jean-Baptiste : le droit d’appartenir, la liberté d’être différent et la nécessité de transformer les regards.

À L’Afrique Fait Son Cinéma, Richard Sammel n’intervient pas comme un représentant des origines africaines ou caribéennes. Sa place est différente : celle d’un artiste international dont l’expérience peut contribuer à faire dialoguer les cinématographies et à apprécier les œuvres dans leur singularité.

En tant que président du jury, son rôle ne consiste pas simplement à incarner le prestige du festival. Il est appelé à porter un regard artistique exigeant sur des créations qui méritent d’être considérées au-delà des catégories géographiques auxquelles on les associe trop souvent.

Aïssa Maïga, le trait d’union inattendu

Il existe une autre correspondance, plus discrète, entre Lucien Jean-Baptiste et Richard Sammel.

Elle porte le nom d’Aïssa Maïga.

Dans Il a déjà tes yeux, l’actrice partage l’affiche avec Lucien Jean-Baptiste. Quelques années plus tard, elle figure aux côtés de Richard Sammel dans Neneh Superstar.

Deux films différents, deux réalisateurs, mais une même interrogation : qui a le droit d’occuper certaines places dans une société et pourquoi certaines présences continuent-elles de surprendre ?

Ce rapprochement n’établit pas une collaboration directe entre les deux hommes. Il révèle néanmoins une circulation d’artistes et de récits au sein d’un cinéma attentif aux identités contemporaines.

Et la correspondance devient encore plus intéressante lorsqu’on se souvient qu’Aïssa Maïga comptait déjà parmi les personnalités associées au parrainage de L’Afrique Fait Son Cinéma en 2020.

Comme un fil qui traverserait les éditions, les collaborations et les générations.

Le festival rassemble ainsi, au fil du temps, des artistes que relient parfois davantage leurs œuvres et leurs engagements cinématographiques que leurs origines.

L’Afrique Fait Son Cinéma : la rencontre devient une vision

Créé en 2019, L’Afrique Fait Son Cinéma s’est donné pour ambition de renforcer la visibilité des cinémas africains, caribéens et de leurs diasporas.

Sous l’impulsion de son fondateur et délégué général, Blaise Pascal Tanguy, le festival a progressivement dépassé le cadre des projections pour développer des rencontres professionnelles, des espaces de transmission et une réflexion sur les conditions de circulation des œuvres.

Pour sa huitième édition, organisée en novembre 2026 à l’EICAR Paris, il annonce 56 films en compétition issus de 24 pays.

Les Ubuntu Awards, les masterclass, les échanges professionnels et The Market accompagnent cette programmation.

Le thème de cette édition, « L’imaginaire ne se programme pas : raconter demain à l’ère de l’intelligence artificielle », questionne directement l’avenir de la création.

Car si les outils et les modes de diffusion se transforment, les expériences humaines, les cultures, les mémoires et les imaginaires demeurent au cœur de l’acte artistique.

Dans ce contexte, le choix de Clémentine Célarié, Lucien Jean-Baptiste et Richard Sammel prend tout son sens.

La première apporte une relation intime à l’Afrique et une remarquable expérience d’interprétation. Le deuxième incarne un cinéma populaire qui sait déplacer les frontières de la représentation. Le troisième apporte un regard cosmopolite et une expérience des grands circuits internationaux.

Ils ne racontent pas la même histoire. Ils ne viennent pas du même horizon. Mais leurs parcours permettent d’aborder trois questions essentielles : d’où viennent nos récits, qui a la possibilité de les raconter et jusqu’où peuvent-ils voyager ?

Trois artistes, et une promesse à la nouvelle génération

Un festival se mesure bien sûr à ses films, à ses sélections et à ses récompenses. Mais il se mesure aussi à ce qu’il rend possible pour les créateurs qui y participent.

La présence d’artistes reconnus peut attirer l’attention sur une œuvre, faciliter une rencontre ou inspirer un jeune interprète. Elle ne remplace ni la formation, ni le financement, ni les opportunités de diffusion. Elle peut toutefois contribuer à leur ouvrir des portes.

C’est là que réside la force symbolique de cette huitième édition.

Clémentine Célarié, Lucien Jean-Baptiste et Richard Sammel incarnent trois manières de traverser une carrière sans renoncer à sa singularité.

Et pour les jeunes cinéastes d’Afrique, des Caraïbes et de leurs diasporas, leur rencontre porte un message simple : une histoire n’a pas besoin de renoncer à ses racines pour devenir universelle.

À Paris, L’Afrique Fait Son Cinéma ne réunit pas seulement trois grands noms. Il fait dialoguer trois expériences de vie autour d’une conviction : la diversité des regards n’est pas un obstacle au cinéma. Elle est l’une de ses plus grandes richesses.

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